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30.04.2013
Aux Etats-Unis, les conditions sont réunies pour une renaissance du secteur manufacturier, selon Euler Hermes, le leader mondial de l’assurance pour les échanges commerciaux. Après avoir été frappée au cours de la décennie passée par les délocalisations d’emplois vers des pays aux faibles coûts de main d’œuvre, l’industrie américaine connaît un processus de « relocalisation » des emplois manufacturiers sur le territoire national et ainsi, une relance de ses activités.

« A l’origine de ce processus figurent essentiellement la productivité élevée des ouvriers américains, le net resserrement des écarts salariaux entre les Etats-Unis et la Chine, et l’émergence des Etats-Unis comme pays aux ressources énergétiques bon marché, un phénomène qui change sensiblement la donne », souligne Dan North, Lead Economist d’Euler Hermes pour l’Amérique du Nord. « Néanmoins, il ne s’agit pas d’un mouvement de reindustrialisation uniforme – certaines régions et certains secteurs en profiteront davantage que d’autres ».
 

 

« Made in America »

 
Un certain nombre de facteurs clés concourent au processus de relocalisation prédit par Euler Hermes dans son rapport :
  • La productivité du secteur manufacturier américain a augmenté à un rythme relativement élevé par rapport aux autres pays industrialisés, faisant des Etats-Unis l’un de ceux où les coûts unitaires du travail sont les plus bas.
  • Les coûts énergétiques sont faibles grâce à la manne des gaz de schistes.
  • La production de biens à haute valeur ajoutée par les ouvriers américains très qualifiés est plus fiable.
  • Le coût du capital est très réduit grâce à la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed.
  • Les coûts liés au transport, aux stocks et aux délais de livraison sont plus bas aux Etats-Unis, faisant de la production locale une solution plus attractive.
  • Compte tenu de la faiblesse du dollar, les exportations américaines sont très compétitives sur la majorité des marchés à l’export des Etats-Unis – entre la fin 2009 et août 2012, les exportations américaines ont progressé de 45 %.
  • Le marché immobilier connaît un rebond.
  • Dans le secteur manufacturier, les faillites d’entreprises, après avoir fortement chuté en 2009, devraient poursuivre leur tendance à la baisse et reculer de 6 % en 2013.

Les secteurs vedettes de la reindustrialisation


Au cours des deux dernières années, plusieurs secteurs ont contribué à la croissance spectaculaire de l’activité manufacturière :

  • Equipement informatique et électronique : ce secteur est resté en tête de l’industrie américaine et a même vu son poids augmenter au sein du secteur manufacturier durant la décennie écoulée ; les semi-conducteurs et le matériel électronique, de même que les instruments de navigation et de mesure et que les appareils électro-médicaux/de contrôle ont affiché une nette avance.

 

  • Mécanique : ce secteur, qui a enregistré en 2010 et 2011 des taux de croissance à deux chiffres, a fortement contribué à l’augmentation de la production manufacturière américaine. En 2013, il devrait renouer avec ses niveaux de production annuelle moyenne d’avant la récession.

 

  • Produits issus du pétrole et du charbon : ce secteur a retrouvé son niveau de référence antérieur à la récession grâce au dynamisme des activités telles que l’asphaltage et la pose de toitures.
  • Automobile : En dépit de l’hétérogénéité des performances économiques mondiales – et notamment de la dégradation de la conjoncture en Europe – de nombreux constructeurs automobiles mondiaux ont annoncé une augmentation de leurs ventes et de leur rentabilité grâce à la croissance des marchés émergents et en particulier de la Chine. Aux Etats-Unis, les ventes de véhicules ont enregistré une deuxième année de croissance grâce à l’assouplissement des conditions de crédit, à la faiblesse des taux d’intérêt et à la réserve de demande insatisfaite liée à la récente récession et au vieillissement du parc automobile.

Les Etats du Sud en pole position


Le Sud des Etats-Unis paraît particulièrement bien placé pour profiter de ce mouvement de reindustrialisation. La région jouit de très nets avantages en termes de rémunération, productivité et coûts unitaires du travail par rapport au reste du pays. Ces atouts ont eu pour effet d’attirer de nombreux fabricants étrangers et cette tendance devrait se poursuivre.

L’analyse faite par Euler Hermes du produit intérieur brut par Etat (Gross State Product, GSP) a montré que quatre des six premiers Etats en termes de productivité (GSP/heures travaillées par employé) se situaient au Sud. En matière de coûts unitaires du travail (GSP/rémunération), cinq des huit premiers Etats étaient des Etats du Sud.

Des constructeurs automobiles étrangers ont saisi cette occasion pour installer leurs activités de production dans le Sud des Etats-Unis, où ils ne sont pas contraints par des tarifs syndicaux ni par des coûts élevés de prestations sociales. De cette manière, il leur revient moins cher au total de fabriquer leurs voitures aux Etats-Unis que de les produire à l’étranger pour les acheminer ensuite aux Etats-Unis. La région composée des sept Etats du Sud que sont l’Alabama, la Géorgie, le Kentucky, le Mississipi, la Caroline du Sud, le Tennessee et le Texas devient ainsi une seconde zone de concentration de l’industrie automobile aux Etats-Unis.


La Californie, paradis de l’innovation


Après avoir affiché un nombre considérable de destructions d’emplois manufacturiers au cours de la dernière décennie, la Californie semble à présent appelée à connaître une amélioration dans ce secteur. Premier Etat en termes de PIB nominal, et premier employeur des Etats-Unis, le « Golden State » devrait enregistrer un nombre de créations d’emplois supérieur au reste des Etats-Unis au cours des deux prochaines années. Elle profite également du dynamisme des fleurons de l’industrie informatique, électronique et pétrolière installés sur son sol.

 


Des efforts restent à faire


S’il existe de bonnes raisons de penser que les Etats-Unis présentent aujourd’hui un environnement propice à une reindustrialisation, d’autres mesures seront nécessaires à l’entretien de cette dynamique. L’investissement dans la Recherche et Développement (R&D) est déterminant pour soutenir la compétitivité et l’innovation. Or, les Etats-Unis commencent à prendre du retard sur d’autres pays dans le monde en matière de brevets.

Les acteurs américains du secteur manufacturier doivent retrouver un rythme d’investissement plus rapide pour être plus compétitifs sur le marché mondial. Il faut repenser la distribution des bénéfices au profit de l’investissement et réformer le régime d’imposition des sociétés.

« Le secteur manufacturier semble appelé à repartir mais des risques continueront de guetter les entreprises », souligne Ludovic Subran, le Chef économiste et directeur de la Recherche économique d’Euler Hermes. « Pour connaître un véritable renouveau, les entreprises du secteur devront se protéger contre ces risques. Il leur faudra également perdre le réflexe d’accumuler de la trésorerie et acquérir celui d’investir dans les opportunités les plus viables. Sous réserve de ces efforts, les conditions d’un processus de reindustrialisation réussi sont réunies. »

 


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