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Etude Risques Secteurs : En 2014, tout vient à point à qui sait attendre...

18.03.2014
 

 

  • Inversion de tendance : davantage d’améliorations que de dégradations du risque sectoriel dans le monde

  • Seuls 21 % des secteurs en Europe de l’ouest démarrent avec un niveau de risque faible 

  • Un dynamisme industriel toujours contrasté entre la France et les Etats-Unis 

 
 
 
PARIS - le 18 mars 2014 - Euler Hermes, le leader mondial de l’assurance-crédit, indique, dans sa dernière étude sur les secteurs internationaux, intitulée Tout vient à point à qui sait attendre, que les risques sectoriels sont à l’échelle mondiale mieux orientés depuis mi-2013, même si la reprise économique attendue en 2014-2015 devrait être trop modérée et hétérogène pour profiter pleinement à une majorité de secteurs.
 

 
« Il faudra un certain temps pour observer un impact sensible de la croissance économique mondiale sur les résultats nets des entreprises de toute taille, tous secteurs confondus, notamment dans une Europe encore fragile », souligne Ludovic Subran, Chef économiste d’Euler Hermes. « Dans de nombreux secteurs, nous n’anticipons pas d’accélération de la reprise en 2014. » 
 

 
Euler Hermes assure le suivi des risques de 17 secteurs dans 72 pays, représentant 95 % du PIB mondial. Des notes de risque sectoriel (faible, modéré, significatif, élevé) sont établies pour chaque pays et concentrent nos prévisions en matière de demande, financement, rentabilité et climat des affaires.
 

 

Une reprise mondiale encore insuffisante pour bénéficier pleinement à une majorité de secteurs dans le monde entier

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Dans 9 cas sur 10, les risques sectoriels par pays demeurent aux mêmes niveaux qu’en 2013. Globalement, une majorité de secteurs sont encore jugés « à risque » en 2014 : pour 49 % d’entre eux il s’agit d’un risque modéré, et pour 25 %, d’un risque significatif ou élevé. En d’autres termes, seuls 25 % des secteurs présentent des fondamentaux ou des perspectives suffisamment solides pour commencer 2014 avec un niveau de risque faible.
 

 
À l’échelle mondiale, le textile, la construction et le transport aérien ont entamé 2014 avec les niveaux de risque les plus élevés, tandis que la chimie, la pharmacie et l’industrie alimentaire conservent les profils de risque les plus favorables.  



 
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Textile: Symbole de la désindustrialisation de certains pays développés, la production en volume du textile a quasiment été divisée par 2 en Europe depuis 2000. Le secteur pâtit depuis longtemps de la volatilité de la consommation des ménages et son évolution reste déterminée avant tout par les coûts de production. 
 

 
Construction: des tendances nationales et régionales plus favorables devraient se développer en 2014, mais le secteur demeure soumis à des pressions nombreuses et constantes. La croissance mondiale de son chiffre d’affaires a été faible en 2013 (+3 % en valeur, environ 9 300 milliards USD). Le secteur continue de contribuer fortement aux défaillances d’entreprises (jusqu’à 20 % du total) alors qu’il ne représente en moyenne que 7 % du PIB.
 

 
Papier: l’ajustement des capacités devrait permettre aux prix de se maintenir à leurs niveaux actuels. Un grand défi pour le secteur est l’utilisation croissante des moyens de communication numériques et des appareils électroniques (smartphones, tablettes).
 
 
 
Technologies de l’information et de la communication : secteur multifacette, confronté à de fortes pressions sur les prix et à des contraintes d’investissement. Sa croissance de 3 % en 2013, portant son chiffre d’affaires à 4 400 milliards USD environ, a été alimentée par un déploiement dans l’ensemble des pays, à des degrés toutefois très divers.
 

 
Automobile (constructeurs) : le marché mondial continuera de croître en 2014 à un rythme de +5 % (en nombre d’unités), les États-Unis et la Chine constituant les premiers moteurs de cette croissance. Les marchés européens, qui ont enregistré un plus bas en 17 ans en 2013, se reprennent lentement. Dans certains pays émergents, la croissance a connu un coup d’arrêt en 2013 et les perspectives sont médiocres.
 

 
Chimie : la production mondiale devrait augmenter de +4 % en termes réels en 2014, après une hausse de +2,5 % en 2013. Aux États-Unis, le secteur reprend des couleurs grâce à la baisse des prix du gaz naturel, mais l’Europe reste sur la défensive. L’Asie continue de gagner des parts de marché à la faveur du dynamisme de la demande locale.
 

 
Pharmacie : l’augmentation des besoins médicaux continue de soutenir le marché pharmaceutique mondial (estimé à 950 milliards USD en 2013), même si tous les acteurs du secteur ne profitent pas de cette tendance.
 

 
Industrie agroalimentaire et distribution : les perspectives pour 2014 sont contrastées. À l’échelle mondiale, le sentiment du secteur oscillera entre soulagement (lié au recul des coûts d’approvisionnement agricoles) et dynamisme (opportunités régionales, recherche de nouveaux modèles). 
 

 

Régions : l’Asie-Pacifique continue d’afficher le niveau de risque le plus faible en 2014 tandis que l’Europe de l’Ouest conserve le niveau de risque le plus élevé 


 
La reprise en Europe reste trop limitée pour que ses effets correctifs s’étendent rapidement à l’ensemble des secteurs ; les perspectives restent inchangées dans la distribution et la construction. De nombreuses entreprises européennes continuent de rencontrer de grandes difficultés liées aux pressions concurrentielles et aux problèmes de financement. Seuls 21 % des secteurs de l’Europe de l’Ouest et 26 % de ceux de l’Europe centrale et de l’Est affichent des niveaux de risque faibles en 2014.
 

 
En Afrique et au Moyen-Orient, le profil de risque sectoriel s’est nettement amélioré dans les pays exportateurs de pétrole, et notamment ceux du Golfe. Il s’est stabilisé en Afrique du Sud et au Maroc - en dépit des faiblesses structurelles affectant certains secteurs comme le textile – et, dans une moindre mesure, dans les pays en proie à des troubles politiques ou sociaux. 
 

 
En Amérique du Nord, la crise semble bel et bien terminée pour la plupart des secteurs, malgré la persistance de certaines fragilités (construction, textile, transport aérien) et les incertitudes quant au rythme de la reprise.
 

 
En Amérique latine, l’absence de dynamisme économique en 2013, couplée à de nouveaux signes de vulnérabilité dans certains pays affectés par la résurgence des risques de change et de financement, pèse sur de nombreux secteur, en particulier la construction. Les risques demeurent de niveau moyen pour la plupart des secteurs et des pays.
 

 
Ayant bien résisté au cycle mondial jusqu’en 2013, l’Asie-Pacifique reste la région présentant le niveau de risque sectoriel le plus faible en 2014. Néanmoins, les défis qu’elle affrontera en 2014-2015 comptent parmi les plus importants. Certains secteurs de la région ont entamé 2014 avec des faiblesses structurelles (textile, métallurgie et construction).
 
 

La révision des évaluations sectorielles met en lumière la persistance de risques élevés dans certaines zones. La demande dictera l’évolution des risques en 2014.

 

 
La balance des changements de notre évaluation des risques sectoriels s’est inversée depuis la mi-2013, le nombre d’amélioration des notes de risque (78 pour l’ensemble de 2013) ayant dépassé celui des dégradations (67).
 

 
Cette inversion de tendance masque toutefois des évolutions contrastées, du point de vue géographique et temporel : 
 
En Asie-Pacifique, l’évolution a été positive tout au long de l’année mais s’est concentrée sur un petit nombre de pays (Australie, Indonésie, Malaisie, Philippines).
 
En Afrique et au Moyen-Orient, elle a été stable au second semestre mais a concerné essentiellement les pays du Golfe. 
 
En Amérique du Nord, l’évolution a été stable.
 
En Amérique latine, elle a été négative, malgré une amélioration fin 2013.
 
En Europe, elle est restée négative.
 
Au total, trois secteurs ont entamé 2014 avec un nombre de pays à risque plus élevé qu’un an auparavant : la chimie, l’agroalimentaire et la métallurgie.
 

 
Dans notre scénario le plus récent, le risque sectoriel reste orienté à la baisse au Moyen-Orient, et à la hausse en Europe. La chimie, la métallurgie et les semi-conducteurs sont les trois secteurs qui ont subi la plus forte dégradation en termes de risque. Les quatre secteurs en tête des révisions baissières des risques sont l’électronique grand public, la construction, les machines et équipement et, surtout, la distribution. 
 
 
 
« Les révisions à la baisse du risque sectoriel se fondent un peu plus sur l’amélioration de la demande que sur la rentabilité et les questions de financement, et vice-versa s’agissant des révisions à la hausse », précise Ludovic Subran. 
 

 

En dépit d’une légère amélioration, l’écart entre le dynamisme industriel de la France et les Etats-Unis demeurera en 2014

 

 
Euler Hermes établit également un indice de dynamique industrielle au travers de 6 secteurs clés de par leur poids et leurs performances dans l’économie française. 
 

 
2013 reste marquée par les mêmes écarts importants entre le dynamisme des industries françaises et européennes, et surtout américaines, reflétant ainsi les différences conjoncturelles de part et d’autre de l’Atlantique. La France n’a pas pu profiter en 2013 du début de rétablissement de ses voisins européens et reste ainsi à la traine. 
 

 
« La tendance de fond demeure négative pour la majorité des grands secteurs industriels de l’économie française. Les Etats-Unis ont continué de creuser l’écart, sauf pour l’aéronautique, qui fait encore figure d’exception » précise Nicolas Delzant, président du Directoire d’Euler Hermes France.
 

 
« Pour 2014, la situation se stabilise, mais on ne peut pas encore parler de reprise, complète Nicolas Delzant. L’écart semble se réduire avec nos principaux partenaires mais la France serait toujours un cran en dessous de l’Europe et des Etats-Unis, et le secteur du BTP reste fragilisé ».  

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