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Délais de paiement en Espagne : les microentreprises montrent l’exemple

02.03.2015
Près de 50 % des microentreprises paient dans les délais, contre seulement 12 % des grandes entreprises et des multinationales.
 

 


Solunion, le spécialiste de l’assurance-crédit détenu par MAPFRE et Euler Hermes, a analysé les tendances en matière de règlement des fournisseurs par les entreprises espagnoles, à partir de données internes et de l’indice de risque  2014. Les microentreprises apparaissent comme les partenaires les plus fiables.

Le délai de paiement moyen (de l’émission de la facture au règlement effectif) est d’environ 99 jours en Espagne contre 46 jours en Europe. Cet écart se retrouve dans les délais de paiement moyens des administrations publiques (154 jours en Espagne contre 58 jours en Europe, soit le plus important retard), des entreprises (83 jours contre 47) et des consommateurs (61 jours contre 34). À l’instar du Portugal, de l’Italie et de l’Irlande, l’Espagne est l’un des pays les moins rigoureux au chapitre du règlement des fournisseurs, tandis que l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la France et le Danemark figurent en tête de classement. 

La situation s’améliore si l’on regarde les taux de pertes sur créances irrécouvrables. Alors que la moyenne européenne se situe à 3,1 %, la moyenne espagnole s’établit à 2,9 %. À l’échelle européenne, les secteurs les plus touchés par les défauts de paiement sont les services professionnels (4,4 %), l’éducation (4,2 %) et le bâtiment (4 %); Solunion a toutefois constaté une augmentation des taux de sinistralité dans l’alimentation, les services, l’hôtellerie et la métallurgie. Quant aux secteurs les moins affectés par les impayés, il s’agit des produits manufacturés (2,3 %), des activités de transport et de logistique (2,1 %) ainsi que de la production et de l’approvisionnement énergétique (2,1 %). 

Ce sont les grandes organisations et les multinationales qui affichent les délais de paiement moyens les plus longs, en grande partie du fait de leur pouvoir de négociation et des moyens de pression qu’elles peuvent exercer auprès de leurs fournisseurs. Les microentreprises et les PME, pour leur part, s’acquittent de leurs factures plus rapidement, du fait d’une dimension restreinte de leur département financier et de leur faible pouvoir de négociation contractuelle. Selon les données de la Confederación Española de la Pequeña y Mediana Empresa (CEPYME), le délai de règlement moyen a diminué au troisième trimestre 2014 de 0,5 jour (77,1 jours) dans les microentreprises, de 0,8 jour (81,8 jours) dans les petites entreprises et de 1,2 jour (84,2 jours) dans les entreprises de taille moyenne. 

L’indice de risque de 2014, qui est basé sur les comportements de paiement et les risques d’impayé, révèle que les retards de paiement ne sont pas principalement causés par les difficultés financières des clients, mais sont bel et bien intentionnels. La mise en œuvre de la directive européenne sur la lutte contre les retards de paiement a d’ailleurs eu des effets à peine notables sur les chiffres.

Le moyen de paiement le plus utilisé dans le commerce extérieur est le virement, anticipé (avance de fonds) ou différé (à crédit). En dépit des avantages procurés par le crédit documentaire (garantie de paiement et accès facilité au financement), il est boudé en raison de son coût élevé. On observe également une désaffection pour le billet à ordre ces dernières années, la crise ayant amplifié le phénomène. Ce mode de paiement a perdu de son intérêt, tant à titre de garantie de paiement qu’à titre de moyen de financement par le biais de l’escompte bancaire, car la législation en vigueur (loi sur les faillites, recours cambiaires) a modifié ses caractéristiques de recouvrement, le rendant moins avantageux que d’autres moyens de paiement.