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Rapport Euler Hermes : les exportations des États-Unis vers Cuba pourraient augmenter d’un milliard de dollars par an

06.08.2015
 

 

Une fois l’embargo levé, les exportations pourraient atteindre 6 milliards de dollars d’ici 2020

BALTIMORE, Maryland. – 6 AOUT 2015 – Selon un nouveau rapport d’Euler Hermes, leader mondial de l’assurance-crédit, les États-Unis sont bien placés pour être le principal bénéficiaire économique de la levée probable de l’embargo sur Cuba, les exportations américaines vers ce pays étant susceptibles d’augmenter d’un milliard de dollars en moyenne par an. Le rapport indique également que les exportations américaines pourraient atteindre 6 milliards de dollars d’ici 2020, soit 25 % des importations totales de Cuba, contre 3 % aujourd’hui. 

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Sources : Institut cubain de la statistique (ONEI),
estimations et prévisions d’Euler Hermes

Les partenaires commerciaux traditionnels de Cuba profiteront également de la levée de l’embargo, notamment les pays suivants : 
  • Chine (+360 millions de dollars par an)
  • Espagne (+200 millions de dollars par an)
  • Brésil (+120 millions de dollars par an)
  • France (+100 millions de dollars par an) 

Selon Euler Hermes, le Venezuela, qui est aujourd’hui l’un des principaux partenaires commerciaux de Cuba, sera le grand perdant de cette nouvelle donne. Avec la diversification des importations cubaines de pétrole et de produits pétroliers, la part des exportations vénézuéliennes devrait en effet fortement baisser, passant de 5,4 milliards de dollars en 2015 à environ 1,5 milliard en 2020. 

« Ce nouvel environnement va donner un réel coup de fouet à l’économie cubaine, » prédit Daniela Ordonez, économiste chez Euler Hermes. « La croissance du PIB cubain va accélérer, passant d’une moyenne de 2 % sur cinq ans à 5-6 % par an entre 2016 et 2020. L’activité sera principalement tirée par l’investissement étranger, qui devrait croître de 15 à 20 % dans les prochaines années. »

De nouvelles opportunités d’investissement

En novembre 2014, le gouvernement cubain a présenté un vaste programme d’investissement aux investisseurs étrangers. Le « Portefeuille d’opportunités pour l’investissement étranger à Cuba » comprend 246 projets nécessitant plus de 15 milliards de dollars de capitaux. Ces projets concernent des secteurs stratégiques tels que la biotechnologie, la construction, l’énergie, l’agro-alimentaire et l’industrie pharmaceutique.

Ce programme met également l’accent sur la zone de développement économique de Mariel. Les autorités cubaines espèrent faire de Mariel Bay, zone située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de La Havane et à environ 180 kilomètres de la Floride, une plaque tournante du trafic de marchandises, comprenant une zone de libre-échange et un terminal de conteneurs pouvant accueillir les plus grands navires de fret du monde. Grâce à une fiscalité avantageuse et à une réglementation allégée, le gouvernement cubain espère attirer suffisamment de capitaux étrangers pour construire des sites industriels et pour développer les services import-export de la zone de développement de Mariel. 

Un certain nombre de risques demeurent

En raison du système de change cubain, particulièrement complexe, les risques de change et de financement vont augmenter. Le gouvernement s’est dit favorable à l’unification des deux monnaies du pays – le peso convertible et le peso cubain –, mais aucune mesure concrète n’a encore été prise. La hausse attendue du tourisme étranger et des entrées de capitaux rend l’unification inévitable mais pourrait précipiter le pays vers un effondrement de sa monnaie. De plus, l’accès au crédit devrait rester limité à court terme du fait de la réorganisation nécessaire du système de paiement interbancaire et des canaux de distribution.

Les risques politiques et économiques resteront également élevés. Les investissements étrangers resteront soumis à un contrôle strict de l’État, la plupart des entreprises étrangères devant être majoritairement détenues par des capitaux cubains. En dépit des avancées économiques, le secteur privé ne devrait se développer que progressivement.

De plus, le risque de défaut de paiement de la part des entreprises cubaines restera élevé à court terme. Euler Hermes maintient la note de Cuba à D4 (risque élevé).