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Euler Hermes : la baisse des prix du pétrole pèsera sur la croissance du PIB canadien en 2015

11.05.2015
 

 

MISSISSAUGA, ONTARIO – LE 11 MAI 2015 – La croissance du PIB canadien devrait baisser de  0,5 point de pourcentage en 2015 sous l’effet de la chute des prix du pétrole, selon Euler Hermes, le leader mondial de l’assurance-crédit. L’économie canadienne, qui a bien résisté jusqu’à présent, devrait croître de +1,9 % seulement cette année (sur la base d’un baril de pétrole à 59 USD), contre une précédente prévision de +2,4 % (fondée sur un prix du baril de 100 USD). La croissance du PIB devrait ensuite connaître une légère accélération en 2016, à +2,1 %. 

 
Prévisions de PIB et estimations du prix du pétrole 
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 Source : IHS, Euler Hermes
 

« Depuis la Grande Récession fin 2007, l’économie canadienne s’est montrée plus solide que la plupart des autres économies développées, États-Unis compris », souligne Dan North, économiste d’Euler Hermes pour l’Amérique du Nord. « Le Canada a recouvré l’intégralité des emplois perdus lors de la récession en 27 mois, alors qu’il a fallu 75 mois aux États-Unis pour faire de même ». 

La baisse des prix du pétrole affectera aussi le secteur privé, où les défaillances d’entreprises sont attendues en hausse de +4 %, soit leur première augmentation depuis 2001. Entre 2000 et 2012, les faillites ont reculé au rythme de -8 % par an, puis ont diminué plus lentement, de -2 % environ, en 2013-2014. Elles ont atteint un plus-bas historique en 2014, Euler Hermes n’identifiant que deux secteurs à risque significatif : le textile et le papier.


Défaillances d’entreprises annuelles au Canada
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Sources : IHS, Statistique Canada, Euler Hermes

Bien que l’énergie ne représente que 10 % du PIB et des emplois du Canada, son influence sur l’économie locale est considérable :
  • Les prix du pétrole ayant chuté de plus de 50 % depuis juin 2014, l’excédent commercial énergétique a diminué de 38 %. Cette dégradation a été en partie contrebalancée par la réduction de 13 % du déficit commercial non énergétique depuis octobre, liée à la dépréciation du dollar canadien (CAD).
  • Dans l’ouest du Canada, les investissements en capital, y compris dans les sables bitumineux, reculeront en 2015, à 46 milliards USD contre 69 milliards USD en 2014. Le nombre de nouveaux forages de puits devrait baisser de 30 %, à 7 350 unités, en 2015. La diminution des investissements dans le secteur pétrolier pourrait coûter jusqu’à 0,3 point de croissance en termes réels en 2015. 
  • Les provinces riches en pétrole en subiront probablement les conséquences – hausse du chômage, dégradation du marché immobilier, impact sur les finances publiques. Dans les provinces de l’Alberta, du Saskatchewan et de Terre-Neuve-et-Labrador en particulier, les redevances sur la production pétrolière et gazière constituent une source de revenus majeure, à présent menacée.

La baisse des prix du pétrole devrait cependant avoir quelques effets positifs. Le gaz meilleur marché pourrait doper la consommation des ménages et bénéficier aux compagnies aériennes et aux entreprises de poids lourds. Les coûts de production baisseront dans la chimie, ce qui soutiendra les profits. Les ménages américains enregistreront une augmentation de leur revenu disponible équivalant à +0,5 % du PIB environ, une bonne nouvelle pour l’économie canadienne qui dépend de ses exportations vers les États-Unis.

« Les entreprises exposées au secteur pétrolier devraient surveiller de près les retards de paiement ainsi que l’évolution des prix du pétrole », observe Dan North. « Des producteurs de pétrole jusqu’au bout de la chaîne d’approvisionnement, il existe un risque accru de retards ou de défauts de paiements. Les entreprises qui ont ces différents acteurs pour clients doivent penser à atténuer le risque en raccourcissant les délais de paiement, en augmentant les lignes de crédit les plus courtes ou en s’adressant à des spécialistes de l’assurance-crédit. »